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Logement : flambée des prix
 
Plus qu’ailleurs, sur les côtes ouest et nord, les prix des habitations ont connu un boom. Ce qui s’expliquerait, entre autres, par la venue d’expatriés en quête d’un logement luxueux. Une maison sur la côte qui trouve preneur à Rs 43 millions. Une autre dont le loyer mensuel atteint Rs 200 000. Ce qui était encore inimaginable, il y a quelques années, ne l’est plus, aujourd’hui. Sur les quatre grandes agences immobilières interrogées par l’express hier, toutes s’accordent à dire qu’il y a eu une flambée des prix, qui s’est accrue depuis un an. L’offre dépassant la demande, les prix prennent l’ascenseur. Devant cet état des choses, certaines agences immobilières auraient évoqué avec le Board of Investment (BOI) le manque de logements pour répondre aux exigences du marché. Si le constat s’applique pour l’ensemble du territoire, le phénomène est plus important dans les régions les plus prisées du pays, c’est-à -dire dans le Nord et sur la côte ouest. Là -bas, en quelques années, les prix de vente auraient doublé. «Il n’y a plus de limite. On n’a jamais vu ça», commente une responsable d’agence. Et malgré les prix forts, plusieurs agences disent être en rupture de stock. «Pour le moment, il n’y a pas beaucoup de maisons disponibles à la location. On attend que des projets en cours arrivent sur le marché», confie-t-on dans une agence située à Grand-Baie. «Il y a un manque de maisons à louer, surtout sur le littoral», confirme un autre professionnel du domaine. L’incidence est immédiate. A Grand-Baie, une maison bien meublée qui valait Rs 25 000 à la location, il y a un an, en vaut Rs 40 000 actuellement. A Tamarin, pour louer une habitation de deux chambres à coucher aménagée avec goût sur un terrain de 20 perches, il fallait débourser environ Rs 12 000, il y a cinq ans. Aujourd’hui, il faut tirer Rs 25 000. Le Mauricien moyen grand perdant Le nec plus ultra du moment, c’est la région de Tamarin-Rivière Noire, suivi de Grand-Baie. Dans ces endroits, les prix seraient tels que le Mauricien moyen y trouve de moins en moins sa place. Et pour cause, ce sont les endroits les plus demandés par les expatriés. Mais comment expliquer le phénomène ? Les professionnels du foncier avancent plusieurs raisons. «D’abord, il y a une inflation galopante. A cela, il faut ajouter que les matériaux de construction ont beaucoup augmenté. En sus, Maurice est dans une phase de développement assez importante. Il y a une demande pour des logements et elle est plus importante encore sur les côtes», explique le directeur d’une agence établie depuis plusieurs décennies. Le principal détonateur du boom reste l’arrivée en grand nombre d’expatriés en provenance des pays développés. L’ouverture de l’économie fait que de plus en plus d’étrangers posent leurs valises sous le soleil mauricien pour y travailler. Et ceux-ci sont prêts à payer le prix fort pour peu que leurs exigences soient satisfaites. «Ils viennent ici pour travailler et leur compagnie est prête à débourser gros pour leur logement. Exigeants, ils ont cependant besoin d’un certain confort et ne vont certainement pas habiter n’importe où», affirme le propriétaire d’une agence immobilière. Mais, il y a un effet pervers. De nombreux propriétaires exagèrent sur les prix alors qu’ils n’ont pas la qualité en retour. Dans l’espoir qu’un étranger vienne frapper à leur porte pour louer leur bien au prix fort, ils maintiennent un prix exorbitant, faussant ainsi le marché. «Il y a des propriétaires qui croient au miracle et espèrent tomber sur un gros poisson», ajoute ce dernier. Conséquence, certains logements demeurent désespérément vides pendant des années, jusqu’au moment où le propriétaire des lieux retombe sur terre et accepte de réviser ses tarifs. Mais à ce petit jeu, le grand perdant est le Mauricien moyen. «C’est dramatique ! On ne peut pas continuer ainsi. Certains sont gourmands, trop gourmands et ça participe certainement à la flambée des prix. Malheureusement, le Mauricien moyen éprouvera de plus en plus de difficultés pour se loger, surtout dans les régions côtières», déplore la sales manager d’une compagnie engagée dans le commerce de l’immobilier. L’illusion de certains propriétaires plombe la réalité des plus modestes. Les personnes interrogées sont d’accord pour dire qu’il y a une surenchère. La vente est par contre moins régulée par l’arrivée d’expatriés fortunés, même si la multiplication des projets IRS (Integrated Resorts Scheme) où des palaces se vendent à partir de Rs 30 millions, font des jaloux chez les propriétaires de résidences et appartements de la zone côtière. Les prix de vente d’immobilier sont surtout revus à la hausse grâce aux Mauriciens émigrés qui cherchent une maison dans leur pays natal. Et ils seraient de plus en plus nombreux, selon les personnes interrogées. Les propriétaires et autres investisseurs dans l’immobilier ont vite compris que ceux-ci ont des ressources financières importantes. Les complexes d’appartements ou les duplex qui pullulent dans les régions côtières et ailleurs leur sont d’ailleurs principalement destinés. Source L’express


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